Décryptage

Les frais d’une assurance-vie luxembourgeoise en FAS

Par Claire Bourgeois, Alpha Conseils Co. Mis à jour le 10 juin 2026.

Les frais d’une assurance-vie luxembourgeoise se lisent par couches, jamais par un taux unique. La première question d’un dirigeant qui envisage ce type de contrat n’est pas « comment fonctionne la tarification », mais « combien vais-je payer, et pour quoi ? ». La réponse honnête tient en une phrase : le coût total dépend moins du niveau affiché que du rapport entre ce que vous payez et ce que vous obtenez. Un contrat luxembourgeois peut revenir nettement moins cher qu’un contrat français de banque privée, ou nettement plus cher, selon l’architecture retenue.

Les couches de frais d’une assurance-vie luxembourgeoise

La structure de frais d’une assurance-vie luxembourgeoise combine plusieurs niveaux : les frais d’entrée éventuels, les frais de gestion du contrat prélevés par l’assureur, les frais de la banque dépositaire et du teneur de compte, les frais des supports sous-jacents et, le cas échéant, la rémunération de l’intermédiaire via frais de courtage. Chaque ligne doit être identifiée séparément, car deux contrats au même taux affiché peuvent cacher des coûts très différents.

frais-fas-luxembourgeois

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Ces coûts sont présentés de façon standardisée dans le document d’informations clés du contrat, encadré au niveau européen par le règlement PRIIPs. Le taux qui y figure reste toutefois un maximum catalogue normalisé : il ne préjuge pas du coût réellement appliqué, qui se négocie.

Le plancher incompressible, le vrai coût de l’assureur

Le plancher incompressible est la part de frais que la compagnie conserve dans tous les cas, le niveau en dessous duquel aucun assureur n’accepte de porter le contrat. Il n’existe pas d’incompressible sur les frais d’entrée, qui peuvent être ramenés à zéro. Sur la partie assureur, ce plancher décroît avec l’encours, par tranche.

Le tableau ci-dessous compare, à titre indicatif et au 1er juin 2026, les planchers de gestion de deux assureurs luxembourgeois de référence, sur la base des grilles négociées par le cabinet. Ces taux sont susceptibles d’évolution et de négociation, et ne préjugent pas du coût total, toutes couches comprises.

Encours investiWealinsUtmost Lombard International
500 000 à 1 000 000 €0,35%0,40%
Au-delà de 1 000 000 €0,30%0,35%

Planchers de gestion négociés, à titre indicatif au 1er juin 2026. Taux exprimés en pourcentage par an.

Utmost Lombard International est l’entité luxembourgeoise du groupe Utmost, issue de la fusion avec Lombard International. Chez Wealins, le plancher descend encore au-delà de 2 500 000 euros et devient négociable au-delà de 10 000 000 euros.

À ce plancher de gestion s’ajoutent les frais de la banque dépositaire, de l’ordre de 0,05% à 0,10% selon le dépositaire et selon que la valorisation est incluse ou non dans sa prestation. S’y ajoutent parfois des frais de mise en place de dossier, de l’ordre de 500 euros pour des encours inférieurs à deux millions d’euros, et des frais spécifiques sur certaines classes d’actifs moins liquides.

Tout ce qui se situe au-dessus de ce plancher constitue la marge de l’intermédiaire.

Au-dessus de l’incompressible compagnie, un courtier peut être rémunéré de deux façons : par des frais supplémentaires ajoutés aux couches du contrat, et par des rétrocessions versées par les producteurs sur les supports logés à l’intérieur.

Un contrat calé sur le plancher fait disparaître la première ; le recours aux parts institutionnelles et aux ETF neutralise la seconde.

Le rôle des parts institutionnelles

Les supports logés dans un FAS peuvent souvent être souscrits en parts institutionnelles, dites clean shares, moins chargées que les parts de détail accessibles dans un contrat grand public. Le recours large aux ETF est également possible. Au-delà de la réduction des frais des sous-jacents, ce choix supprime les rétrocessions que les parts de détail reversent à l’intermédiaire : il garantit que le cabinet n’est pas rémunéré par le producteur du support, mais seulement par la prestation de courtage que vous lui réglez.

Le modèle de rémunération du cabinet

Sur un contrat luxembourgeois, le cabinet intervient comme courtier en assurance.

La rémunération d’Alpha Conseils Co prend la forme d’une prestation de courtage payée par le client, et non d’une rétrocession ajoutée aux frais du contrat ou prélevée sur les frais des supports d’investissement.

L’accompagnement dans la durée, c’est-à-dire les arbitrages réalisés au sein du contrat, s’exerce dans le cadre d’un mandat d’assistance aux arbitrages, qui demeure une prestation de courtage afférente à l’opération d’assurance.

Ce cadre relève de la directive européenne sur la distribution d’assurances. Le cabinet ne perçoit aucune commission des producteurs : le recours aux parts institutionnelles et aux ETF, qui ne reversent pas de rétrocession, garantit que le coût est explicite et entièrement supporté par le client, et lui seul.

Calée sur l’incompressible compagnie, la structure de frais d’un tel contrat se présente ainsi :

Poste de fraisNiveau indicatif
Frais d’entrée0%
Frais de contrat (assureur)0,30% à 0,40% selon l’assureur et le montant
Frais de banque dépositaire0,05% à 0,10% selon le dépositaire et la prestation
Courtage du cabinet (conseil et assistance aux arbitrages)0,50%
Frais de mise en place0 à 500 euros
Frais des sous-jacents0,10% à 1% pour une allocation ETF ou clean shares sur actifs liquides

À cette grille peuvent s’ajouter des frais ad hoc sur certaines classes d’actifs moins liquides.

Le frottement de démarrage

Le frottement de démarrage est un coût d’inertie souvent négligé. Certains assureurs logent les versements sur un support monétaire pendant une période initiale, par exemple trente jours, ce qui retarde l’exposition aux supports choisis et pèse sur la performance des premiers mois. Ce frottement n’est pas universel : il dépend de l’assureur et de la documentation signée. Lorsque le contrat le permet, une demande d’investissement immédiat de la prime supprime cette inertie.

Les frais, parfois le mauvais sujet

Forte d’une carrière entière sur les marchés financiers, je constate une chose avec constance : sur un patrimoine important, le coût le plus lourd n’est presque jamais l’écart de frais entre deux contrats calés sur les planchers incompressibles des assureurs.

Un écart de 0,05% à 0,10% est insignifiant si la structure permet, d’un côté des frais bas, de l’autre une meilleure allocation. À l’inverse, un contrat moins cher peut coûter beaucoup plus en rendement perdu s’il enferme l’épargnant dans une enveloppe où les frais ne sont pas ramenés au plancher de la compagnie, où l’univers d’investissement est trop étroit, ou qui facture un surcoût pour accéder à des actifs privés qui auraient du sens dans l’allocation. Comparer les frais d’une assurance-vie luxembourgeoise reste nécessaire, toutes couches comprises et documents officiels en main, mais cette comparaison ne prend son sens qu’au regard de ce que la structure permet de faire. Ce plancher de frais est d’ailleurs un critère utile pour choisir son assureur.

Questions fréquentes

Quelles sont les couches de frais d’un FAS ?
On distingue les frais d’entrée éventuels (à négocier à zéro systématiquement), les frais de gestion du contrat au profit de l’assureur, les frais de banque dépositaire et de tenue de compte, les frais des supports sous-jacents et la rémunération de l’intermédiaire, c’est-à-dire les seuls frais de courtage dans un modèle sans rétrocession.

Qu’est-ce qu’une part institutionnelle ou une part « clean share » ?
C’est une part d’un fonds moins chargée en frais que la part « retail » à destination des particuliers, souvent accessible dans un FAS. Son accès dépend du contrat et de l’assureur et doit être vérifié au cas par cas. Elle n’apporte aucune rétrocession.

Comment le cabinet est-il rémunéré sur un contrat luxembourgeois ?
Par une prestation de courtage payée par le client, et non par une rétrocession prélevée sur les supports. Les arbitrages réalisés dans la durée relèvent d’un mandat d’assistance aux arbitrages, qui demeure une prestation de courtage afférente à l’opération d’assurance. Le cabinet ne perçoit aucune commission des producteurs, ce qui supprime un conflit d’intérêts et rend le coût explicite.

Peut-on payer moins que le taux affiché dans le document d’informations clés ?
Oui. Le taux de gestion du document d’informations clés est un maximum catalogue normalisé. La couche assureur peut être ramenée à son plancher incompressible, nettement plus bas ; la rémunération du cabinet est alors réglée à part, sous forme de courtage payé par le client, sans rétrocession.

Peut-on payer moins que les frais dits « incompressibles compagnie » ?
Non. Les frais incompressibles compagnie sont les frais en dessous desquels un assureur n’acceptera pas de vous assurer. À ce niveau de frais, un cabinet ne touche pas de rétrocessions sur le contrat d’assurance. Il peut encore percevoir des commissions des producteurs sur les supports investis dans votre contrat. C’est pourquoi investir dans des fonds clean shares ou des ETF est intéressant : cette stratégie permet de s’assurer que votre conseiller n’est pas rémunéré par des commissions. Sa rémunération prend alors la forme d’une prestation de courtage payée par vous, sans rétrocession ni commission des producteurs.

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